La direction artistique
Christophe Ghristi

Christophe Ghristi est le directeur artistique de l’Opéra national du Capitole de Toulouse depuis septembre 2017.
Né à Cannes, normalien, il a d’abord étudié la littérature mais sa passion pour la musique l’a vite détourné vers les salles de concert et les opéras.
De 1995 à 2009, il est dramaturge du Théâtre du Capitole, aux côtés de Nicolas Joel.
De 2009 à 2014, il est directeur de la dramaturgie à l’Opéra national de Paris. Là, sa direction comprend les services de l’édition, communication, publicité et multimédia, les 3 services pédagogiques ainsi que l’animation culturelle. Au Palais Garnier, il est commissaire de nombreuses expositions, en collaboration avec la Bibliothèque nationale de France. En même temps, il est le directeur artistique de l’Amphithéâtre Bastille. Il y crée notamment la série Convergences (2009-2015), consacrée à la musique vocale, la musique de chambre et l’opéra de chambre. Il y fait jouer des œuvres rares et des compositeurs négligés. Rapidement, Convergences remporte un très grand succès public et la presse se fait l’écho de la renaissance de cette salle.
Depuis 2017 au Capitole, il a fait entrer de nombreux ouvrages au répertoire de la maison : Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas, La Ville morte de Korngold, Rusalka de Dvořák, Le Viol de Lucrèce de Britten, La Gioconda de Ponchielli. Il invite des metteurs en scène aussi divers que Peter Sellars, Michel Fau, Olivier Py, Stefano Poda, Anne Delbée, Florent Siaud, Thomas Lebrun, Shirley et Dino, Damiano Michieletto, Satoshi Miyagi, Pierre Rigal ou Aurélien Bory. Il est attentif à la carrière des jeunes artistes lyriques français et leur offre de nombreuses prises de rôles : Mathias Vidal et Marie Perbost dans Platée, Vannina Santoni et Anaïs Constans dans La Bohème, Eva Zaicik et Adèle Charvet dans Le Barbier de Séville. Il invite également les grands noms de la scène lyrique internationale : Marina Rebeka, Stéphane Degout, Matthias Goerne, Nicola Alaimo, Sophie Koch, Karine Deshayes, Ricarda Merbeth, Violeta Urmana, Ramon Vargas, Marie-Nicole Lemieux, Lawrence Brownlee, Michael Spyres…
Il porte une attention particulière au travail avec les publics scolaires à travers de nouveaux projets originaux. En 2019 est créé au Capitole l’opéra par et pour les enfants Orphée, et ces dernières saisons, des opéras itinérants se rendent sur les territoires de la Métropole et de la Région Occitanie : La Péniche Offenbach, Le Bus Figaro et Le Bus Papageno. En 2021, il porte l’obtention du label « Opéra national en région ».
Il a publié des ouvrages sur la musique aux éditions Albin Michel, Actes Sud, Gourcuff et a écrit le livret de Akhmatova, un opéra en 3 actes de Bruno Mantovani, créé à l’Opéra de Paris en 2011. Il collabore par ailleurs avec des éditeurs discographiques (Deutsche Grammophon, Harmonia Mundi, Alpha Classics).
Il est chevalier de la Légion d’honneur, officier des Arts et Lettres et chevalier des palmes académiques.
saison 2025-2026
« La culture est l’héritage de la noblesse du monde. »
Ces mots de Malraux doivent nous réveiller et nous secouer. Du monde, ce n’est pas aujourd’hui la noblesse qui nous saute aux yeux. D’autres forces sont à l’œuvre, violentes et destructrices, qui nous prennent à la gorge. Le mot même de noblesse est devenu tellement intempestif, presque gênant. Alors, résistons et acharnons-nous ! Une petite flamme en nous sait que cette noblesse est toujours là, fragile, sans doute abimée et pourtant indestructible. Et qu’il est bon de la voir flamboyer lors d’une belle représentation, quand l’émotion et l’humanité ruissellent. Quand l’énergie vitale se mue en énergie collective et partagée. En humble serviteur de la beauté, le Capitole entretient la flamme sur son plateau, dans ses ateliers, partout où il en a la possibilité. Il a l’amour du public et la fraternité chevillés au corps.
Cette saison, nous vous offrons en partage quelques-uns des chefs-d’œuvre de l’histoire : cet Otello que Verdi emprunte à Shakespeare et transfigure, la Salomé absolue de Strauss et Hofmannsthal, la Carmen insurgée de Bizet et Mérimée, le Don Giovanni métaphysique de Mozart. Vous pourrez aussi retrouver la bouleversante Lucia de Donizetti, folle de trop d’amour, et le vertigineux chassé-croisé de Thaïs et Athanaël, qui scellera nos retrouvailles avec Massenet. Tous tendent la main à Weinberg, dont le chef-d’œuvre La Passagère entre à notre répertoire et connaît ainsi sa première française. Ami et disciple de Chostakovitch, Weinberg sort progressivement de son ombre pour s’affirmer comme l’un des grands compositeurs de la fin du XXe siècle et, comme l’ont été tous les vrais créateurs, un observateur et un témoin essentiels.

Notre Ballet se laisse emporter par les zéphyrs et les tempêtes de Ravel et renoue avec la magie de Casse-Noisette. Il fait la part belle à la création avec une nouvelle génération de chorégraphes, mais accueille avec émotion une création de Carolyn Carlson, vestale de la danse s’il en est.
La ferveur du public du Capitole, toujours plus nombreux et enthousiaste, montre bien l’absolue vitalité et la modernité essentielle du genre que nous célébrons et servons. Cette ferveur montre aussi la nécessité pour chacun d’entre nous de s’échapper du quotidien pour respirer l’air des cimes. Saison après saison, l’Opéra national du Capitole essaie de rendre l’air plus respirable, et même enivrant !
Claire Roserot de Melin
Directrice générale
Etablissement public du Capitole
Christophe Ghristi
Directeur artistique
Opéra national du Capitole